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    récit de nos amis lacaunais

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    PASCAL

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    récit de nos amis lacaunais

    Message  PASCAL le Mar 27 Mai - 14:19

    Trail de Bédarieux : sur des sentiers de sanglier
    « Et alors, tu reviens de la guerre de 14 ? » Au vu de ses bras et genou droits sanguinolents, Michel Madariaga, docteur passif (retraité) de la Salvetat réagit ainsi à l’arrivée d’un concurrent « patounetsant » (marchant en traînant les pieds) vers le ravitaillement. « Non, je suis tombé cinq fois, » se lamente André Suc. « Eh bien, ironise Alain Valette, hyperactif de Lacaune, tu peux entamer la litanie : » Je, Suc, tombe pour la première fois ; je, Suc, tombe pour la deuxième… » Dépité par aussi peu de miséricorde, le Bossuc va noyer son chagrin dans des boissons américaines, tandis que les prestataires du serment d’Hippocrate, pas hypocrites pour un sou, continuent à commenter leurs exploits. Relatifs, même si Michel M., déjà en tenue de sexagénaire moyen, peut se prévaloir d’une performance haut de gamme sur le petit trail de 8,5 km.

    Tout avait commencé deux heures et demie plus tôt, à la Tuilerie de Bédarieux. Au micro, l’animateur Stéphane Taillades met le feu, sono à fond. Deux attitudes pour les 180 concurrents du 21 km : la fuite pour retrouver au plus tôt le silence minéral du causse, ou la complaisance dans cette orgie de décibels. C’est pour la deuxième solution qu’opte Yannick Biau. Parti très prudemment, mais, au fil des sentiers de sanglier, le jeune peintre accroche plus d’un concurrent à son tableau de chasse. « Mais… il me semble que j’en ai doublé certains deux fois. Est-ce bien normal ? » commente-t-il à l’arrivée, dans un nuage de fumée partagé par Cyrille Jacquemin. Ce dernier, pour la deuxième des trois compétitions qu’il enchaîne en moins de six jours, a trouvé que le tracé de ce trail foisonnait de difficultés (tiens, tiens). Mais visiblement, il n’y a pas grillé toute son énergie : « Hey ! Vous savez que j’ai une famille, moi ! » Et tous repartirent dare-dare vers Lacaune, dans une voiture dont le coffre, renfermant à l’ordinaire des mallettes de médecin de campagne du XIXe siècle, s’était enrichi de produits comestibles (sans effets secondaires) issus de la coopérative du Caroux.

    Mais où était donc passé le roi Lion (Lionel Gros) ? À l’aller, le carrosse, à tôle décapotable, était allé chercher messire au pied même de la Tour, dans son fief de Boissezon-de-Masviel. Mais n’oublions pas que Son Excellence est aussi vicomte de Béziers. Dès son passage sous le dais final, sa favorite était venue le chercher pour le conduire sur ses terres d’origine. Pour passer, peinards, le restant de la journée auprès de la reine douairière. C’est du moins ce qu’imagine le menu peuple, puisque le lion, toujours le plus rapide des animaux de la jungle, était déjà en fuite à l’arrivée des autres Lacaunais.


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